CHRONIQUE / Arrête avec tes mensonges

Tout a déjà été dit, ou presque, sur le dernier livre de Philippe Besson… (C’est le lot de ceux qui arrivent après la bataille, qui se lancent dans l’aventure en ayant, pour un temps, évité le moule.) Je n’ai donc que peu de choses à rajouter… Et pourtant. Quelle émotion, quelle splendeur, quelle beauté dans l’intime. Quelle justesse dans le style, dans cette poésie sans pudeur, dans cette plongée dans le passé où toute une génération découvre l’amour et l’horreur en quatre lettres majuscules, quelle violence dans cette mélancolie inhérente à l’auteur.

On y sent, on y ressent ce besoin inextinguible de se libérer d’une histoire qui, il s’en rend désormais compte, a hanté tous ses livres – et qui a même peut-être, hanté sa vie entière. Comme une révélation, un testament de ce qu’il est vraiment. Se raconter au grand jour comme on se confesse dans le noir, l’amour, la vie, la mort, l’abandon. La trahison, aussi, peut-être. La culpabilité qui guette.

« Parce que tu partiras et que nous resterons. »

Le temps qui passe et ne revient jamais, les remords et les regrets, les mensonges et la vérité. Un roman pour raconter la naissance de l’écrivain aussi, celui qui sommeillait encore et à qui cet amour indéfectible va donner vie. Lui qui a passé sa existence à raconter des histoires, des mensonges, aujourd’hui, se livre, nu. En vie.

Ce n’est pas peut-être pas mon préféré de Besson, mais il reste néanmoins d’une beauté sincère qui font les grands livres.

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