CHRONIQUE / Casse-Gueule

« Un cachet de vitamine C dans un verre de vodka. » 

Bien étrange #livre que voilà. Mon tout premier de Clarisse Gorokhoff… Assurément pas le dernier, c’est une évidence, tant l’écriture, affutée comme une lame de rasoir, puissante comme un lance-roquettes, prouve le talent d’une auteure comme on en lit peu. L’objet n’est cependant pas à mettre entre toutes les mains : le propos gratte telle une plaie mal cicatrisée, les émotions troublent, les mots sont crus, cruels – mais cruciaux, aussi, d’une certaine façon.

Casse-Gueule de Clarisse Gorokhoff ©aurelie_et_ecrit

On y suit les questionnements d’une jeune femme au visage détruit après une agression par un inconnu. Jusqu’alors, Ava avait une beauté parfaite, envoutante, électrique. Une beauté qui, à elle seule, définissait sa place dans une société étouffée par les normes. Aujourd’hui, sa peau est mutilée, écorchée, les chairs à vif. Le regard des autres change, le sien aussi. Elle refuse toute intervention chirurgicale, ne va pas porter plainte. Car d’une manière troublante, la beauté envolée, elle se sent (re)vivre.

Agression ? Révélation ? Forcément, le fait même de se poser la question dérange au plus haut point. Mais la réflexion philosophique de l’auteure est, dans la première partie du livre, aussi remarquable que dévastatrice. Magnifique et mortelle, comme l’éruption d’un volcan sur le paysage alentour… Malheureusement, l’histoire perd un peu en saveur dans une seconde partie façon Projet Chaos palahniukien, transformant ainsi l’essai psychologique en roman d’anticipation un poil déconcertant. Mais il n’empêche que Casse-Gueule brille par son style absolument unique et prouve à lui seul la singularité d’une auteure déjà accomplie.


UN MOT SUR L’AUTEUR / CLARISSE GOROKHOFF

Jeune écrivain, Clarisse Gorokhoff a vécu plus de cinq années à Istanbul où elle a notamment achevé son master de philosophie puis créé une foire d’art contemporain abordable. Sa démarche d’écriture la pousse à s’intéresser aux paradoxes qui façonnent nos manières d’être -à la fois triviales et bouleversantes- qui forgent la société de nos jours. 
Source : huffingtonpost


RÉSUMÉ DE CASSE-GUEULE

Ava est-elle encore Ava ? Son visage a été détruit par un inconnu dans une rue de Paris, et tout le monde voudrait le réparer : sa mère, son homme, les médecins… Mais Ava sait qu’il y a une autre manière de voir le monde et de se faire voir de lui. Défigurée, elle se sent revivre.


INFOS COMPLÉMENTAIRES

Paru le 17 mai 2018
240 pages
Collection Blanche, Gallimard

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