CHRONIQUE / Dans le ventre du loup

Meurtres, abandon, cannibalisme, et vas-y que je vais trop te manger toi avec tes couettes et tes petites socquettes blanches, fallait pas marcher toute seule dans la forêt… Les contes pour enfants vus par nos yeux d’adultes, c’est que ça nous ficherait presque plus les pétoches à nous qu’à nos petits loulous. (Non, mais, je vous assure, hein, la première fois que j’ai lu Barbe-Bleue à ma fille je peux vous dire que je n’en menais pas large.)

Vous savez ce que j’en pense, dans notre monde à nous, les monstres existent pour de vrai (poke @maud_monstre), et s’ils ressemblent plus à votre voisin de palier qu’à un ogre avec une hache et des bottes de sept lieux, ces histoires offrent l’opportunité aux enfants de travailler leur imaginaire afin de pouvoir appréhender, un jour, le monde tel qu’il est réellement.

Ce sont les mots passionnés de @nicolashouguet qui m’ont donné envie de lire Dans le ventre du loup de Héloïse Guay de Bellissen (et aussi son Roman de Boddah, sur l’ami imaginaire de mon amour d’ado, Kurt Cobain, mais ceci est une autre future prochaine histoire.) Ici, Héloïse Guay de Bellissen part à la recherche de son passé, abîmé par un fait divers sordide – sa cousine fût assassinée par « le monstre d’Annemasse » dans les années 80. Au traumatisme évident s’ajoute le choix fait par ses parents à l’époque : nier l’existence même de cette petite fille pour ne pas perturber l’enfant de cinq ans qu’elle était alors. Double trauma ? Sans aucune doute.

dansleventreduloup

Alors, elle choisit de revenir en arrière, de marcher dans ses pas, les siens et ceux de la petite Sophie, pour trouver des preuves de vie avant la mort, pour essayer de saisir l’instant, de ressentir, de se souvenir. Ces riens qui engendrent des questions et des blessures et des cicatrices. En faisant un parallèle avec les contes des frères Grimm ou de Perrault, elle fouille les tréfonds de l’âme humaine, revient aussi sur la naissance du monstre, sur cette part d’ombre qui finit par prendre toute la place, sur l’enfance qu’il vole mais qu’on lui a volé à lui, aussi, avant.

Un roman totalement subjectif, hautement personnel, qui n’apporte finalement que peu de réponses, mais le récit est poignant et le talent de l’auteure indéniable. Un livre pour refermer une page du passé et (ré)apprendre à (sur)vivre avec. Curieusement intéressant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s