CHRONIQUE / La vie parfaite

Je dis souvent que ce sont les livres qui me choisissent… Imaginez un peu le contexte, panne de lecture, panne d’inspiration. Plusieurs bouquins commencés, jamais terminés. Une page blanche dans la tête, ce foutu curseur qui clignote sans se préoccuper du mal qu’il fait. Et voilà que mes yeux tombent sur La vie parfaite de @silvia_avallone… Troisième roman de celle que l’on décrit déjà comme l’une des nouvelles plumes à suivre made in Italia. Premiers mots. Premières lignes. Et les papillons reprennent leur vol au milieu de mes entrailles.

Quand devient-on parent ? Quand on le désire, quand on accouche, ou qu’on le veut et qu’on l’affirme ? Dora se souvient de sa réponse à Fabio quelques mois plus tôt : « C’est quand tu acceptes que ton fils soit un autre, et que tu l’aimes tel qu’il est. »

@aurelie_et_ecrit

La vie parfaite est un roman choral, où les destins se dé.croisent, où les corps se trompent, les esprits s’évitent, se retrouvent, veulent plus, mieux, ou en tout cas autre chose, de l’argent, une autre existence – un enfant. Sortir de la cité quitte à se vautrer dans l’illégalité. Laisser une vie se développer dans son ventre pour faire rester un autre qui, dans sa tête, est déjà parti. Les rêves que l’on fait, et qui parfois sont faits pour en rester.

A certains égards, La vie parfaite de Silvia Avallone m’a rappelé Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu (comparaison flatteuse si l’on se souvient de la claque que fût pour moi le dernier Goncourt.) Car ils ont en commun cette réflexion sur le destin en héritage, les liens du sang, l’avenir écrit au passé – les parents comme exemple à suivre ou à fuir. Est-on condamné à réitérer une Histoire façon éternel recommencement ?

A cette question brûlante, l’auteure italienne ajoute, avec discernement et intelligence, celle de la maternité, le désir d’enfant comme un accomplissement, un poison destructeur, un moyen de pression. En résulte une fresque sociale puissante, ultra contemporaine, qui brille par une écriture classique mais ciselée… Et puis, surtout, par une galerie de personnages cinématographiques, qui, comme ces amis que l’on ne voit pas assez, nous manquent dès la porte refermée.

Adele avait appris que les soucis des hommes sont mille fois plus sérieux que ceux des femmes. Que les femmes devaient garder leurs problèmes pour elles, alors que les hommes pouvaient les gueuler à la cantonade, les jeter à la figure des autres.


RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE

Le matin de Pâques, Adele quitte le quartier Labriola et part accoucher, seule. Parce que l’avenir n’existe pas pour les jeunes nés comme elle du mauvais côté de la ville, parce qu’elle n’a que dix-huit ans et que le père est en prison, elle envisage d’abandonner son bébé. À une poignée de kilomètres, dans le centre de Bologne, le désir inassouvi d’enfant torture Dora jusqu’à l’obsession. Autour de ces deux femmes au seuil de choix cruciaux, gravitent les témoins de leur histoire. Et tous ces géants fragiles, ces losers magnifiques, cherchent un ailleurs, un lieu sûr, où l’on pourrait entrevoir la vie parfaite. Avec un souffle prodigieux et une écriture incandescente, Silvia Avallone compose un roman poignant sur la maternité et la jeunesse italienne écartelée entre précarité et espoir.


L’AUTEUR

Silvia Avallone, née en 1984 à Biella dans les Alpes piémontaises, a grandi à Piombino sur la côte toscane avant de poursuivre des études de philosophie à Bologne, où elle vit. D’acier (2011), son premier roman, la propulse très jeune au premier plan de la scène littéraire italienne et internationale. En France, il remporte le Prix des lecteurs de L’Express et connaît un succès immédiat. Marina Bellezza (2014) reçoit également un superbe accueil. Avec La Vie parfaite, Silvia Avallone s’impose comme l’une des plus belles voix de la littérature italienne contemporaine.


PLUS D’INFOS

Date de parution : 05-04-2018
400 pages
Publié en France aux éditions Liana Levi

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