CHRONIQUE / Le Prince à la petite tasse

« Quand il dit « migrant » on entend « miracle ». Dans sa bouche, migrant n’est plus ce mot-poubelle anonyme, employé à tout bout de champ, ce mot à oeillères qui refuse de dire la guerre, la survie et l’exil. Dans la bouche de Reza, migrant, c’est lui. »

leprincealapetitetassePendant neuf mois, Emilie de Turckheim et sa petite famille ont accueilli un jeune Afghan au coeur de leur appartement parisien – au coeur de leur vie. De Reza, ils ne savent rien, sauf qu’il a dû fuir l’horreur à douze ans à peine, traversant les pays, les frontières, les barrières. Seul. Anonyme. Toujours sur le qui-vive.

S’enchaînent alors neuf mois de cohabitation, avec ses petits garçons, avec son mari, avec elle qui écrit à la maison. Jour après jour, les personnalités s’apprivoisent, les langues se mêlent et se mélangent, se méprennent mais finissent toujours par se comprendre. Le Prince à la petite tasse, c’est le journal qu’a tenu l’auteure durant cette période, racontant par bribes, par morceaux épars, comment des êtres humains s’aident – et s’aiment les uns les autres, malgré tout.

Une jolie leçon d’humanité, d’une infinie douceur, d’une tendre délicatesse, pleine de poésie et de chaleur, qui m’a, évidemment, rappelé Mohammad, ma mère et moi de @benco1010 sur le même sujet – et m’a elle aussi, profondément touchée. Émouvant et nécessaire.

Le Prince à la petite tasse, de Emilie de Turckheim.
Editions Calmann Lévy.

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