CHRONIQUE / Les Coeurs Autonomes

Cela fait un petit moment que je n’avais pas passé du temps avec David Foenkinos. Ses mots, je les ai souvent lus, de Entre les Oreilles à La Délicatesse, depuis une rencontre au hasard du @livresurlaplace il y a tellement longtemps que l’on taira le nombre des années, moi encore lycéenne avec des rêves plein la tête et lui jeune auteur en passe de jouer dans la cour des grands. Et puis, je ne sais pas pourquoi, je l’ai perdu de vue, je l’avoue, toute rougissante que je suis en regardant mes pieds en sandalettes à paillettes.

lescoeursautonomes.pngAlors, retrouver cette plume si particulière, cette poésie des maux, cette aisance à raconter la vie, l’amour et tout ce qui s’en suit, ça m’a fait le même effet qu’une madeleine pour Proust ou une tagada pour le fiston. Ce #livre, je l’ai dévoré en quelques heures. Quel style, mon Dieu, quel style. Quelle aisance dans la manipulation des mots, dans la musicalité des phrases, dans la beauté de la langue… Foenkinos, comme Philippe Besson, pourraient nous raconter le bottin qu’on les lirait encore je crois (en tout cas, moi, oui).

« Les grands fracas

commencent toujours par des murmures. »

Les Coeurs Autonomes raconte, sans jamais les nommer, l’histoire d’amour et de mort de Florence Rey et Audry Maupin, les « Tueurs Nés » qui avaient défrayé la chronique française au début des années 90 (pour ceux qui marchait à quatre pattes ou vivaient sur Saturne, demandez à Google.) Mais bien au-delà de la description barbare d’une course à la mort sordide, l’auteur choisit de raconter l’amour, la passion, le tumulte, la peur, l’envie, la colère, la haine, l’adoration, l’abandon, la folie. Le silence. Et ce lien indéfectible, indestructible, qui unit deux êtres déjà perdus quand ils s’étaient trouvés.

Le récit prend parti, indéniablement, dressant avant tout le portrait d’une jeunesse en mal de son temps, d’une vie entraînant l’autre au fond de l’abysse, que l’on trouverait sûrement d’une immense beauté s’il ne s’était fini dans le bain de sang que l’on connaît. Mais une fois encore, Foenkinos sait trouver les mots pour ne garder que la triste beauté d’un amour autonome parti à la dérive.

Les Coeurs Autonomes, de David Foenkinos.

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