CHRONIQUE / Les Corps Electriques

A moins de vivre dans une grotte ou sur Venus (ce qui, ma foi, serait un drôle de comble), difficile de faire semblant de croire que rien ne se passe en ce moment du côté des #balancetonporc et autre #unemainauxfessescestpassigrave. Et dire, qu’il n’y a pas si longtemps, le féminisme, c’était encore un gros mot…

(#ironiequandtunoustiens)

Si je commence ainsi ma chronique du livre de Manuel Blanc, Les Corps Electriques, c’est parce que, d’une certaine manière, j’y ai vu une résonance. Car le comédien-auteur se glisse ici dans la peau d’une femme triste qui trouve une renaissance, une rédemption aussi, peut-être, dans le pole-dance. Discipline qu’elle découvre par hasard, et se met à pratiquer de façon frénétique dans un bar miteux de Pigalle, pour échapper à son homme, à sa vie, à la vie. En soi, pourquoi pas, le pole-dance, c’est beau, c’est sexy, et puis ça a quelque chose de profondément poétique de s’enfoncer dans la nuit pour retrouver la lumière.

lescorpselectriques

Pourtant, plus ma lecture avance, plus j’ai cet arrière-goût dans la bouche, un truc amer, un peu râpeux, un truc qui cloche et qui ne passe pas. Et pourtant, Dieu et ses potes savent à quel point j’ai l’esprit ouvert, et ô combien j’abhorre les stéréotypes. Alors c’est très étrange pour moi d’écrire ça, mais le style employé, les pensées rapportées, les gestes, les mouvements, les sensations éprouvées, tout cela transpire le mâle du début à la fin. Certes, il y a forcément une ambiguïté sous-jacente car on apprend rapidement que la jeune femme vivait jusqu’alors avec le foetus de son jumeau coincé sous son omoplate. Femme coincée dans la peau d’un homme, homme coincé dans la peau d’une femme, fantômes du passé qui veillent l’un sur l’autre et qui partent à la recherche d’un père pour pouvoir se (re)connaître. Mais au final, rien ne m’a permis de m’attacher à qui que ce soit.

Je voulais être provoquée, bousculée, j’ai juste été dérangée, dans le sens où j’ai eu bien du mal à en trouver un, de sens, justement, à cette histoire. Je suis passée à côté, ça arrive… Peut-être une prochaine fois.

Les Corps Electriques de Manuel Blanc, publié chez Les Editions de l’Observatoire.

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