CHRONIQUE / Les Déraisons

« On dirait qu’il devient comme Louise, et puis comme lui aussi, chacun a un moment de sa vie, destiné à ne plus tourner très rond ou à tourner autrement, il y a tant de manières de tracer des cercles. » Tourner autrement. Ces deux mots collés l’un à l’autre, voilà qui illustre si joliment, pour moi, le livre d’@odoultremont, Les Déraisons.

Un roman délicieusement beau. Pur. Absolu. Un roman d’amour et un roman de vie. De mort aussi, mais au final, c’est normal, elle fait partie de la vie. Une ode à ceux qui tournent différemment pour ne pas faire comme les autres, les doux dingues, les barrés, les fêlés, ceux qui laissent passer la lumière parce que c’est tellement plus beau de vivre le coeur dans la lumière plutôt que les yeux fixés par terre. En pleine conscience. Par choix. Se créer un cercle d’inadaptés plutôt que de lâcher prise dans un monde sans queue ni tête ni oreille ni pied. « Il y a tant de manières de tracer des cercles. » Quelle poésie, quelle magnifique ouverture d’esprit. Quelle résonance dans notre société d’aujourd’hui – broyeuse de rêves que l’auteure décrit pourtant avec tant de pudeur…

LesDéraisons

Mais en vérité, je ne vous le cache pas, j’ai eu bien du mal à rentrer dans l’histoire de ce livre (poke @estellereads). Il y avait, je ne sais pas, un petit côté trop améliepoulainesque, trop conte de fée fêlée façon Wes Anderson, qui m’a empêché, au début, de l’ancrer dans la réalité, de véritablement m’attacher pour de vrai. Et puis, au fur et à mesure, le récit s’est intensifié. Alors que le poison s’installe dans les veines, Louise se dévoile, la tête en l’air mais les pieds sur terre, et la vie s’en va mais les souvenirs restent. « Même si la vie n’a pas de sens, qu’est-ce qui nous empêche de lui en inventer un ? » disait Lewis Carroll.

Et puis, il faut avouer que Odile d’Oultremont a une plume délicieusement poétique, un style raffiné, une musicalité parfaitement accordée, et cette petite touche de candeur feinte qui au final, fait mouche, et qui nous laisse seuls mais d’une certaine manière, rassurés.

Le message est passé.

 

Les Déraisons de Odile d’Oultremont
Editions de l’Observatoire.
Parution : 10/01/2018

 

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