CHRONIQUE / Les Petits Garçons

Le passage de l’enfance à l’âge adulte. Vaste sujet, vaste question – simple quand on est haut comme trois bouquins, plus compliquée quand on a bifurqué de l’autre côté. Dans son premier roman, Théodore Bourdeau jette un regard en arrière pour conter l’amitié de deux petits garçons, deux copains à la vie à la mort, de la cour de récréation à la famille qui s’agrandit. Leurs envies, leurs amoures, leurs rêves. Leurs différences, aussi, d’éducation, de priorités, d’avenir plus ou moins tracé. La légèreté des années 80’s, l’envie de dévorer la vie comme une barre de Balisto. #taspastrenteanstupeuxpastest

Et puis grandir, et puis se confronter à la réalité tête baissée, et puis tomber, souvent, parce que oui, c’est ça aussi la vie, tomber et puis apprendre à se relever. Rêver d’intégrer le monde politique et se retrouver dans un nid de vipères. S’imaginer journaliste en zone de guerre et finir devant son écran à racoler avec de la newsàclics. Se faire une certaine idée du monde et voir exploser le terrorisme #toutecoïncidenceavecdespersonnagesréels
Et l’amitié qui perdure, malgré ça, malgré tout, les embûches et les surprises, le temps qui passe, ceux qui partent et celle qui reste. Tomber, se relever. Avancer. Sans savoir où ni comment, mais continuer. Peut-être que c’est ça, être adulte, finalement. Ne pas savoir où l’on va, mais y aller malgré tout et pour de vrai. Si je regrette quelques petites digressions, Les petits garçons n’en reste pas moins une très (très) belle lecture, émouvante, sincère, un livre écrit avec délicatesse et sensibilité, le style s’aiguisant avec l’âge des personnages, de simple et joyeux à finement pointu et ciselé.

Et puis il y a aussi ce flou artistique entre réel et fiction, cette façon de provoquer nos souvenirs, nos références, nos valeurs, nos points clés sans jamais vraiment les nommer, si bien que l’on ne sait plus très bien où se situe la limite, où tout commence et où tout fini. Et ça, c’est une très belle réussite aussi… Here we are now, entertain us. Baby nevermind, nevermind.


Les infos

Les petits garçons, de Théodore Bourdeau
Editions Stock, Collection Arpège.
256 pages
Parution : 02 janvier 2019


L’auteur

Théodore Bourdeau est journaliste. Après avoir travaillé au « Petit Journal », il est aujourd’hui producteur éditorial de l’émission « Quotidien » diffusée sur TMC.
Il a trente-huit ans et vit à Paris.

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