CHRONIQUE / Né d’aucune femme

« Il est grand temps que les ombres passent aux aveux. »

Que pourrais-je écrire de plus que les mots déjà façonnés pour parler du dernier né de Franck Bouysse. Car vous l’avez forcément vu passer, dans votre fil Insta, à @lagrandelibrairie de @francoisbusnel, dans la course au #GrandPrixdeslectricesElle ou à celui des libraires (poke @librairiemichelfontainebleau).

Né d’aucune femme, de Franck Bouysse, publié chez La Manufacture de livres.

Sa somptueuse couverture qu’on dirait taillée dans la pierre. Les mots d’un auteur puisant dans ses origines terreuses pour raconter l’indicible. Cette histoire, maudite, profondément romanesque, d’une enfant vendue comme du bétail pour sauver sa famille de la famine. Cette plongée au coeur de nos campagnes, où les mots n’ont pas leur place, où l’on se tait, où l’on (se) cache. Un passé pas si lointain, où l’existence elle-même ne vaut rien, ou pas grand chose, à peine le contenu d’une bourse en cuir, « pas bien grosse », ce temps où les corps disparaissent sans émouvoir, où la vie s’arrête parfois dans la tête avant d’atteindre le coeur.

« La seule chose qui me rattache à la vie, c’est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier, même si je crois pas que ce mot existe il me convient.»

Né d’aucune femme, c’est l’incroyable destin d’une gamine à la dignité d’une reine, à la grâce d’un diamant brut, devenue la servante (écarlate) des volontés du maître et de sa vieille, mais qui choisit de continuer à respirer, même en apnée, dans le noir et l’horreur et le sang, les dents serrées, les poings tendus. Qui choisit d’affronter la nuit et le silence. 

Un roman choral à la beauté assourdissante, d’une intensité rare, à la musicalité envoutante. La beauté d’un style profondément noir et incroyablement lumineux à la fois. Né d’aucune femme, c’est un de ces livres que l’on se retient de lire pour qu’ils durent encore un peu, juste un peu, pour pouvoir les garder encore un peu près des yeux, près du coeur, même si l’on veut savoir, enfin, savoir la fin et pouvoir vivre avec. Enfin. 


Un mot sur l’auteur de Né d’aucune femme

Franck Bouysse, né en 1965 à Brive-la-Gaillarde, a été enseignant en biologie et se lance dans l’écriture en 2004. Grossir le ciel en 2014, puis Plateau en 2016 rencontrent un large succès, remportent de nombreux prix littéraires et imposent Franck Bouysse sur la scène littéraire française. Il partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.


Le résumé de Né d’aucune femme

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.


Infos supplémentaires //

Né d’aucune femme, ROMAN
20,90 euros – 336 pages
Parution le 10/01/2019
La Manufacture de livres.

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