CHRONIQUE / Un fils parfait

J’ai tourné la dernière page du Fils Parfait de Mathieu Menegaux il y a plus de 24 heures, et pourtant, ce livre me hante encore. Je l’ai lu presque d’une traite, en retenant mon souffle et mes larmes autant que mon dégoût. Quelques heures pour le dévorer. Par nécessité presque autant que par envie… Une fois plongée en apnée sans oxygène, il fallait que j’avance, que je sache, que je m’en débarrasse. Parce qu’il est de ces lectures qui mettent mal à l’aise, qui vous empoisonnent peu à peu de l’intérieur, mots intolérables couchés noir sur blanc que l’on dirait écrits avec du sang. Qui font de nous les prisonniers d’une histoire sordide, tantôt témoins, voyeurs, confidents, dans l’incapacité d’agir quand on voudrait hurler.

Tu le sais, je suis maman, de deux bouts de choux du même âge ou presque que les petites héroïnes… Et l’on vit dans un monde où les monstres ne sont plus cachés dans les armoires ou sous les lits. Alors ce qui dérange le plus dans ce roman – et c’est, aussi, selon moi, sa plus grande force – c’est finalement le réalisme extrême de l’histoire, vérité assassine qui pourrait raconter le passé ou le futur de vos voisins de palier.

Capture d_écran 2018-01-11 à 08.33.18

Pour ceux qui découvrent, le livre entier est la lettre d’une belle-fille à sa belle-mère à propos de son fils, homme bien sous tout rapport, mari modèle et pourtant père incestueux. Une mère qui raconte son aveuglement, sa découverte et son rejet de l’idée, puis l’effroi, la colère, la haine, la descente aux enfers et la machine judiciaire qui finit de broyer le tout façon bulldozer.

Parce qu’autant vous le dire tout de suite, Mathieu Menegaux, ce n’est pas avec le dos de la cuillère qu’il y va, c’est avec le pic à glace.

Heureusement, il a fait l’excellent choix de faire comprendre très rapidement que l’histoire finit « bien », petite source de lumière dans le noir le plus complet, ce qui permet, finalement, de continuer, page après page, pas après pas. Ce livre est une claque, au sens propre comme au figuré, qui m’a fait chavirer, véritablement, mais à ne pas mettre entre toutes les mains, c’est certain. En tout cas pour moi une chose est sûre : je me suis trouvé un nouvel auteur à suivre de très près.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s