CHRONIQUE / Fantôme de Nicolas Turon

Il y a quelques mois, je te parlais de Fracasse, la pièce de théâtre la plus intense qu’il m’ait été donné de voir, de vivre, de lire. Aujourd’hui, je tiens dans les mains #Fantôme, nouveau bébé de Nicolas Turon. La structure est la même… L’intensité aussi, ou presque. Car une nouvelle fois, l’auteur prend pour point de départ l’horreur de l’Histoire – pas celle des #livres 📖, des contes ou des foires, non, celle avec un grand H. Sans doute parce qu’au final, l’#imaginaire ne sera jamais aussi cruel que le réel.

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Dans Fantôme, Nicolas Turon parle de traditions, de Prince et de Princesse👑, de théâtre et de match de foot, de bruit dans les vestiaires et dans la cour et dans le stade. Mais entre les lignes, derrière les cris de la foule, il lève aussi le voile sur « l’un des secrets les mieux gardés d’#Ecosse« , le destin de centaines de gamins déportés dans les Iles Hébrides par l’Eglise Anglicane – une pratique qui eut court, dans la plus grande indifférence, jusque dans les 70’s. Des gosses qui n’avaient plus rien sauf une pancarte autour du cou, promis à un destin aussi froid que la terre de ces îles délaissées.

La pièce est courte – une petite trentaine de pages, qu’on lit à voix haute sans même s’en rendre compte – et donne la parole à l’un de ces enfants sans identité, sans existence propre, bétail ou prisonnier ou esclave. Et l’histoire de ce gamin se mêle à celle de la pièce qu’il doit jouer, à celle du match qu’il se met à raconter, et à l’Histoire à laquelle il participe mais que le monde a oublié.

Mais ici, comme dans Fracasse, pas d’apitoiement. La violence est dans le non-dit. Dans les yeux que l’on ferme. Dans les mots qui ne sont pas écrits et les plaies qui s’ouvrent petit à petit. Car toute sa force est de raconter avec la #poésie furieusement sincère d’un enfant la cruauté du monde des adultes. Certes, Fantôme ne m’a pas touché autant que Fracasse – peut-être me suis-je moins retrouvée dans la métaphore footballistique – mais toujours est-il que ce livre brille par le style de son auteur, par sa poésie, son intensité, son talent à l’état brut. A lire, à voir, à vivre.

#bookstagram #instalivre #streeart@sostheatrebarleduc

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